avril, 2019

03avril11h0013h00L'archiviste se dévoileSession présidée par Sophie BOUDAREL11h00 - 13h00

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Les freins à l’accès aux archives, entre contraintes métier et régulations sociales

Par Margot GEORGES, ASGRALMA, et Damien HAMARD

L’appel à communications du forum 2019 pose, dans le libellé de l’axe 2, comme une évidence que l’archiviste donne accès aux archives. Pourtant l’archiviste est lui-même soumis à un certain nombre de contraintes autres que juridiques – techniques, hiérarchiques, politiques, financières -, conditionné par sa formation, porteur d’engagements personnels et éthiques, inséré dans des réseaux de sociabilité divers, sensible aux revendications sociétales. Quant aux services d’archives, ce sont des espaces physiques et sociaux en tant que tels.
La table ronde propose d’interroger ce rôle de l’archiviste, gardien du temps et/ou passeur de mémoire. Comment les archivistes mettent en œuvre cette responsabilité de communication ? quels sont les choix effectués ? comment sont-ils justifiés et comment s’articulent-ils avec les attentes plus ou moins explicites de la société ? Pour réfléchir à ces questions, différents angles de vue sont possibles. La figure de l’archiviste peut être interrogée en tant que telle. Des focus sur des types d’archives – archives de la recherche, archives sensibles… – peuvent aussi être éclairants. La table ronde sera également l’occasion de rendre compte des résultats du séminaire de recherche conduit entre 2014 et 2018 par le laboratoire Temos (Temps, Mondes, Sociétés – CNRS Fre 2015) et l’équipe Alma sur les fonds et collections comme espaces de régulation sociale et d’interroger certains pratiques archivistiques, leur priorisation (collecte, classement, publications, indexation, automatisation) et leurs éventuelles conséquences.
Communication préparée avec Bénédicte Grailles (présidente d’Asgralma, maîtresse de conférences en archivistique), Charly Jollivet (docteur en archivistique) et Magalie Moysan (doctorante en archivistique) membres du laboratoire Temos.


Non archivistes, vous n’êtes pas transparents !

Par Rémy ROQUES, Directeur conformité des offres, La Poste, et Antoine MEISSONNIER, département des archives, de la documentation et du patrimoine du ministère de la Justice

Transparence : le mot renvoie à la pureté, la clarté, la limpidité, mais aussi à l’invisibilité. Dans nos structures, bien souvent en quête de rationalisation (tout du moins, est-ce objectif affiché), l’invisible est inutile.
L’archiviste appartient à ces fonctions support dont l’organisme qui les emploie attend d’elles qu’elles soient efficaces sans demander leur reste, sans s’afficher trop ouvertement.
L’historien n’est pas loin de demander la même chose : l’archiviste doit être un passeur d’archives. Qu’il accumule et décrive les documents, l’historien se chargera de l’analyse.
Cette transparence, en tant que compétence professionnelle requise, ne conduit elle pas à un sentiment d’inutilité, de frustration d’une partie des professionnel des archives ? Je souhaiterai apporter, par sondage, des preuves factuelles de ce qui n’est pour l’instant qu’un ressenti (ressenti qui se fonde sur des conversations menées avec des collègues, amis et lors de formations à l’AAF ou de journées d’études).
Si l’intuition se confirme, alors ma communication sera celle d’un ancien archiviste qui peut dire à ces anciens collègues pourquoi ils ne sont pas transparents. Et pourquoi ce que certains d’entre eux voient comme «une politique des petits pas» est socialement utile et qu’elle doit être valorisée, en ne perdant pas de vue que toute valorisation d’une profession amène des compromis.


Autour du goût de l’archive à l’ère numérique: dialogue entre archivistes et historien.ne.s

Par Frédéric CLAVERT, C2DH, Université du Luxembourg, et Céline GUYON, Olkoa

Il y a 30 ans, Arlette Farge publiait “Le goût de l’archive”. Elle y abordait la relation de l’historien.ne aux archives sous l’angle de la culture matérielle: le rapport, physique, intime à l’archive; l’importance de la salle de consultation des archives; les conditions de la copie, manuelle, de l’archive; et, en filigrane, la relation entretenue par l’historien.ne aux personnes évoquées dans les archives dépouillées. Pendant au moins deux décennies, “Le goût de l’archive” a été la matrice du travail des historien.ne.s. Mais qu’en est-il aujourd’hui, à l’ère numérique? Cette table-ronde croisera les regards d’archivistes et historien.ne.s autour des archives à l’ère numérique, sur la base des chapitres déjà publiés du projet “Le goût de l’archive à l’ère numérique” (http://www.gout-numerique.net/) qui tente de reprendre cette question de la culture matérielle liée aux archives à une ère où l’archive tend à se dématérialiser. Les intervenants tenteront de confronter les points de vue parfois divergents sous l’angle croisé des besoins et imaginaires numériques des historiens et des contraintes et aspirations des archivistes.

Au-delà de cette intervention, son enjeu est de participer à enrichir le dialogue entre les deux professions. Ce dernier est parfois difficile, comme l’a montré le débat autour des archives essentielles, il peut reposer sur des fondements communs, notamment sur un sujet, les archives à l’ère numérique, dont l’importance, pour les historien.ne.s comme pour les archivistes, croît depuis plusieurs années.


L’archiviste obscur gardien du secret ou flamboyant communicant ?

Par Sonia DOLLINGER, Direction du Patrimoine culturel et des Archives – Ville de Beaune

Le fait qu’en 2019 se pose encore parfois avec méfiance cette question de la manière dont l’archiviste donne accès aux archives renvoie à des représentations à la fois passéistes et pourtant ancrées dans l’inconscient collectif. La fiction est remplie d’archivistes revêches renvoyant leurs lecteurs d’un regard méprisant ou dissimulant volontairement ou non des informations. Avec l’ouvrage de Sonia Combe en 1994, la profession d’archiviste est directement confrontée à la question et ce stéréotype d’archiviste gardien du secret fait irruption brutalement dans notre réalité, nous permettant un peu douloureusement de nous questionner sur notre rôle. Si le choc est brutal, il n’en est pas moins salutaire, obligeant l’archiviste à sortir de son rôle de gardien du temple pour endosser peu à peu le rôle du pédagogue et du communicant.

Horaire

(Mercredi) 11h00 - 13h00

Lieu

Salon Marengo

Centre de congrès - 23 Rue Ponchardier - 42000 Saint-Étienne

Intervenant pour cet événement

  • Antoine MEISSONNIER

    Antoine MEISSONNIER

    département des archives, de la documentation et du patrimoine du ministère de la Justice

    Après des études à l’École nationale des chartes, des recherches en histoire politique et juridique du Moyen Âge et une formation à l’Institut national du Patrimoine, Antoine Meissonnier est devenu adjoint au chef du bureau du contrôle et de la collecte au Service interministériel des Archives de France (2012-2016). À ce poste, il a contribué à la politique d’évaluation et de sélection des archives contemporaines et a co-piloté la rédaction du Référentiel général de gestion des Archives (octobre 2013) et du Cadre méthodologique pour l’évaluation, la sélection et l’échantillonnage des archives (juillet 2014). Confronté à des projets nationaux de dématérialisation des processus administratifs, il s’est intéressé aux enjeux juridiques et techniques de la gestion de l’écrit électronique, des questions de valeur probante au défi de la pérennisation de l’information numérique, en passant par la cybersécurité. Il a participé à la réforme du cadre juridique de la valeur probante de l’écrit électronique, en contribuant aux modifications récentes du Code civil et du Code de la santé publique, ainsi qu’à la mise en œuvre du règlement eIDAS. Attaché au partage d’expériences et à la transmission des connaisances, il a été expert aux commissions de l’AFNOR CN 46-11 « Archives / Gestion des documents d’activité » et CN 171 « Applications pour l’archivage et la gestion du cycle de vie du document », ainsi que formateur pour le ministère de la Culture, l’Ecole nationale supérieure des sciences de l’information et des bibliothèques, l’Association des archivistes français ou encore l’École nationale des chartes. Il a été également membre du comité scientifique du salon Documation de 2012 à 2015. Depuis octobre 2016, il a pris la tête du département des archives, de la documentation et du patrimoine du ministère de la Justice.

    département des archives, de la documentation et du patrimoine du ministère de la Justice

  • Céline GUYON

    Céline GUYON

    Olkoa

    Olkoa

  • Damien HAMARD

    Damien HAMARD

  • Frédéric CLAVERT

    Frédéric CLAVERT

    C2DH, Université du Luxembourg

    Docteur en histoire contemporaine, chercheur senior à l'université du Luxembourg,Frédéric Clavert mène notamment des recherches autour sur les sources de l’historien.ne à l’ère numérique. Avec Caroline Muller, il co-ordonne le livre collaboratif en ligne "Le Goût de l'archive à l'ère numérique" dont les différents chapitres sont écrits par des historien.ne.s et des archivistes.

    C2DH, Université du Luxembourg

  • Margot GEORGES

    Margot GEORGES

    ASGRALMA

    L’association Asgralma a pour but d’encourager la recherche en archivistique et bibliothéconomie. Créée en 2008, elle rassemble des enseignants chercheurs, des docteurs et des doctorants de l’université d’Angers qui s’intéressent aux archives, livres, manuscrits et à tous les supports de l’information. Elle organise notamment annuellement le prix Valérie Poinsotte, prix du meilleur mémoire de première année des masters Archives et Bibliothèques de l’université d’Angers.

    ASGRALMA

  • Rémy ROQUES

    Rémy ROQUES

    Directeur conformité des offres, La Poste

    Après un master professionnel métiers des archives (Versailles Saint-Quentin), intègre la Direction des archives du Groupe La Poste (2 ans comme responsable archives en charge de projet d'archivage électronique, puis 3 ans comme responsable du département en charge de la collecte). En 2017, intègre la Direction de la Qualité et Satisfaction client de La Poste. Actuellement Directeur de la conformité des offres, en charge des Revues de Jalons.

    Directeur conformité des offres, La Poste

  • Sonia DOLLINGER

    Sonia DOLLINGER

    Direction du Patrimoine culturel et des ArchivesVille de Beaune

    Directrice des Archives municipales de Beaune depuis 2000 Directrice du Patrimoine culturel et des Archives municipales de Beaune depuis 2008 Fondatrice et rédactrice du blog Archives et culture pop'

    Direction du Patrimoine culturel et des ArchivesVille de Beaune

  • Sophie BOUDAREL

    Sophie BOUDAREL

    Membre du comité scientifique du 3e Forum des archivistes

    Après une carrière dans l’industrie à des postes liés à la planification, l’organisation et la gestion de projets, Sophie Boudarel a choisi de mettre ses vingt années d’expérience en recherches généalogiques au service de ses clients (depuis 2012). Généalogiste professionnelle, mais en contact avec les différents “versants” du secteur par sa présence sur internet (La Gazette des ancêtres) et son activité de conseil et de formation, elle promeut l’usage des nouvelles technologies attachées à la pratique généalogique. Elle est également membre du comité scientifique pour l’organisation des Rencontres du Web 1418, au sein de la Mission du Centenaire. Elle a lancé, et anime, le « ChallengeAZ », défi d’écriture auquel participent de plus en plus de services d’Archives départementales, et municipales. Attachée à la valorisation non seulement de l’histoire familiale, mais aussi des Archives, elle s’intéresse aux liens existants, et à leurs développements, entre archivistes et généalogistes.

    Membre du comité scientifique du 3e Forum des archivistes

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